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Mer et Étang en Languedoc-Roussillon

olivierEntre mer et étang. Le littoral sableux du golfe du Lion est ourlé d’étangs. Ici le lido entre l’étang de Thau et la mer avec le domaine Listel, le « vin des sables ».

Quatre des cinq départements du Languedoc-Roussillon présentent une façade maritime qui compte 180 km de côte sableuse ourlée d’étangs et 40 km de côte rocheuse, la Côte Vermeille, entre le sud d’Argelès-sur-Mer et la frontière espagnole. Ce littoral borde une entité particulière, le golfe du Lion, d’une superficie de 15 000 km2 avec 400 km2 de lagunes, un des rares plateaux continentaux de Méditerranée. Si l’embouchure du Grand Rhône, à Port-Saint-Louis-du-Rhône, se situe en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le fleuve lui-même infuence essentiellement, par ses rejets (eau douce, éléments minéraux, polluants, matière organique) la région languedocienne. Ce sinus Gallicus des Grecs et des Latins doit son nom actuel à Guillaume de Nangis qui en fit le sinus Leonis en référence à l’animal indomptable en raison des tempêtes qui l’affectent sous l’impulsion de vents continentaux secs et froids de secteur nord à nord-ouest, mistral et tramontane. On parle moins des vents de secteur est, moins fréquents et moins violents alors qu’ils affectent l’environnement en raison des fortes houles qu’ils génèrent modifiant les rivages et détruisant des infrastructures portuaires.
Le golfe du Lion offre d’importantes possibilités de pêche, de conchyliculture, d’aquaculture et d’exploitation du sel. Pour la pêche, il faut relativiser ce point de vue car, sur les 4300 chalutiers et senneurs pêchant en Méditerranée, 45 % sont italiens, 32 % espagnols, 17 % grecs et seulement 6 % français. Les proportions sont pratiquement identiques pour la pêche artisanale riche de 42 000 unités. Trois types de navires coexistent dans le golfe du Lion où les principaux ports de pêche sont Sète et le Grau du Roi, qui assurent 70 % de la production halieutique, et Port-Vendres : 35 thoniers senneurs qui traquent le thon rouge dans toute la Méditerranée, une centaine de chalutiers sortant pour la journée sur le plateau pour capturer des poissons vendus le soir sur les six criées régionales et, enfin, 850 « petits métiers » dont 400 en mer et 450 en lagune. L’accessibilité aux activités de pêche et à la construction navale n’étant guère organisée, reste seulement les criées aux poissons, notamment à Sète et à Port-Vendres, et les conserveries d’anchois de Collioure.

Les lagunes offrent des conditions favorables aux productions conchylicoles. L’ostréiculture est pratiquée en suspension sur des tables plantées dans le sédiment ; on compte 650 exploitations sur trois lagunes (Le Prévost, Thau et Leucate) avec une production annuelle globale de 13 000 tonnes d’huîtres et de 3 000 tonnes de moules. L’aquaculture compte huit entreprises (50 emplois), principalement autour de l’étang de Salses-Leucate, avec une production de 250 tonnes de loups et de daurades, 10 millions d'alevins de loups et daurades, 6 millions de larves de crevettes, du naissain d'huître et de palourde. Le musée de l’étang de Thau à Bouzigues (« capitale » historique des coquillages en Méditerranée, village de pêcheurs typiquement méditerranéen) permet de découvrir le travail des conchyliculteurs, « paysans de la mer » et des pêcheurs. Différents exploitants, tant autour de Thau que de Leucate (grau des conchyliculteurs) permettent également la visite de leurs installations.
Autre ressource, le sel, puisque la Méditerranée, bassin d’évaporation, présente une salinité plus élevée que l’Atlantique. Cette activité est môns florissante aujourd’hui qu’il y a quelques décennies mais des salins peuvent être visités avec profit dans le Gard, à Aigues-Mortes, et dans l’Aude, à Gruissan.

Le Languedoc-Roussillon bénéficie d’un potentiel de recherche notable en océanographie tant sur les étangs (Universités de Montpellier 2 et de Perpignan) que sur le milieu marin (Observatoire océanologique de Banyuls, Centre de recherche halieutique méditerranéenne et tropicale de Sète, Université de Perpignan). Les seules « vitrines » ponctuelles sur ce secteur sont représentées par les aquariums. La Région en compte six sur la cinquantaine qui existent en France : Le Grau du Roi, Saint-Jean du Gard, Montpellier, Cap d’Agde, Canet Plage et Banyuls-sur-Mer. L’un d’entre eux, ouvert en 2007, joue la carte du spectaculaire, de la Méditerranée et de l’exotisme ; il s’agit de Mare Nostrum (1 500 m2) à forte vocation touristique. À l’opposé, Banyuls, intégré dans une des stations biologiques majeures de France, présente les espèces en place dans leur milieu méditerranéen naturel. Celui de Canet-en-Roussillon est totalement dédié aux espèces tropicales, le Seaquarium du Grau-du Roi (1 000 m2) qui « ne se visite pas mais s’explore », est complet, offrant des bassins méditerranéens et tropicaux, un bassin de méduses, un musée de la mer et un bassin tactile très interactif.

Guy Jacques, Directeur de recherche au CNRS
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